Le 2 novembre 2026, à Ismaïlia, Kawempe Muslim Ladies a battu l’AS FAR 3-2 lors de la première journée du groupe B de la Ligue des champions féminine de la CAF. Menées après l’ouverture du score de Fatima Tagnaout, les Ougandaises ont renversé les tenantes du titre avant qu’Agnes Nabukenya ne signe, dans le temps additionnel, le but de la victoire. Pour un club qui découvre la phase finale, l’exploit est majeur. Mais il ne vaut qu’un premier pas : deux rencontres de groupe restent à jouer, et la compétition ne se résume pas à ce succès inaugural.
Un premier match déjà chargé d’histoire
L’affiche opposait deux trajectoires très différentes. L’AS FAR disputait sa sixième phase finale consécutive et arrivait avec le statut de double championne d’Afrique, tandis que Kawempe participait pour la première fois au tournoi, comme premier représentant ougandais à ce niveau. La CAF avait présenté cette rencontre comme le début de la défense du titre marocain et le baptême continental des Ougandaises (présentation de la CAF).
Le résultat est donc notable au-delà des trois points : il montre qu’un club débutant peut rivaliser avec une équipe habituée aux rendez-vous continentaux. Il faut toutefois éviter d’en faire une conclusion définitive sur l’équilibre du groupe ou la hiérarchie du football africain. Une seule rencontre ne permet pas de mesurer la régularité de Kawempe, ni de réduire l’expérience de l’AS FAR à cette défaite.
Un scénario renversé après la pause
L’AS FAR a frappé la première. Selon le compte rendu publié le jour du match par Africa Top Sports, Tagnaout a ouvert le score à la 6e minute. Kawempe a égalisé par Nabukenya à la 53e, puis a pris l’avantage cinq minutes plus tard grâce à Shakira Nyinagahirwa. Doha El Madani a remis les deux équipes à égalité sur penalty à la 69e minute. Nabukenya a finalement inscrit le but décisif dans le temps additionnel, complétant son doublé.
La lecture la plus solide de cette séquence est celle d’une équipe qui n’a pas décroché après avoir été menée, puis qui a su répondre lorsque l’AS FAR a rétabli la parité. Le fil du match donne un poids particulier à la fin de rencontre : Kawempe a trouvé une dernière réponse après l’égalisation marocaine, plutôt que de se satisfaire d’un nul qui aurait déjà été précieux pour une débutante.
Les éléments disponibles ici ne comprennent cependant ni données complètes de tirs, ni compte rendu tactique détaillé permettant d’expliquer précisément les ajustements opérés après la pause. Il serait donc hasardeux d’affirmer que le retournement tient à un changement de système ou à une domination territoriale durable. Les faits vérifiables sont le score, les buteuses et la chronologie rapportée.
Nabukenya, de la qualification au but décisif
La performance d’Agnes Nabukenya s’inscrit dans une progression déjà visible avant cette phase finale. La CAF rappelle qu’elle avait inscrit le but de la victoire en finale des qualifications de la zone CECAFA, en août, pour offrir à Kawempe son billet pour l’Égypte. Son doublé face à l’AS FAR prolonge cette histoire, mais il ne faut pas transformer un match marquant en jugement définitif sur son potentiel ou sa carrière.
L’intérêt sportif est aussi collectif. La qualification avait reposé sur un parcours régional victorieux, et Kawempe arrive à Ismaïlia avec une joueuse déjà décisive lors des deux étapes. Ce lien entre réussite de qualification et première performance continentale donne au résultat une cohérence : il ne s’agit pas seulement d’une surprise isolée, mais d’une équipe qui a su convertir son accès au tournoi en résultat immédiat contre l’adversaire le plus expérimenté du groupe.
Un groupe encore ouvert
Le succès ne règle pas la course aux demi-finales. La CAF indique que les deux premières équipes de chaque groupe se qualifient pour le dernier carré. Dans le groupe B, Kawempe doit encore affronter USFAS Bamako et Ampem Darkoa, tandis que l’AS FAR devra elle aussi réagir dans ses deux matches restants. Le calendrier officiel place les rencontres suivantes de Kawempe les 5 et 8 novembre, puis les demi-finales le 11 novembre (programme de la compétition).
Cette victoire donne aux Ougandaises une marge sportive précieuse, mais elle ne permet pas encore de prédire leur qualification. Les confrontations directes entre les quatre équipes, la gestion de la récupération et la capacité à répéter cette intensité compteront davantage que le prestige du premier résultat. Pour l’AS FAR, la défaite rend la suite plus pressante, sans rendre sa campagne irrécupérable.
Ce que ce résultat change — et ce qu’il ne change pas
Pour Kawempe, le gain est immédiat : l’équipe a battu la championne en titre et a démontré qu’elle pouvait rester dans le match après avoir été menée puis rejointe. Pour le football féminin ougandais, ce premier rendez-vous fournit une visibilité continentale concrète. Mais il serait prématuré d’y voir la preuve d’un basculement durable des rapports de force, ou d’annoncer Kawempe comme favorite au titre.
Le prochain indicateur sera la capacité du club à confirmer contre ses autres adversaires de groupe. La performance du 2 novembre restera quoi qu’il arrive un début remarquable ; sa portée finale dépendra de ce que Kawempe construira ensuite. La leçon la plus utile est donc mesurée : l’AS FAR n’est pas intouchable, et Kawempe a gagné le droit d’être prise au sérieux — sans que le chemin vers le dernier carré soit déjà tracé.
Pour aller à la source.
Les références ci-dessous documentent la recherche et permettent de remonter aux publications originales. Leur nombre ne certifie pas, à lui seul, chaque affirmation de l’article.
- cafonline.comprésentation de la CAF ↗Référence consultée · consultée le 02/11/2026
- cafonline.comCAF rappelle ↗Référence consultée · consultée le 02/11/2026
- cafonline.comprogramme de la compétition ↗Référence consultée · consultée le 02/11/2026
- en.africatopsports.comAfrica Top Sports ↗Référence consultée · consultée le 02/11/2026
